jeudi 1 juillet 2010

Córdoba, une ville qui bouge!

De retour en ville après mon périple dans la montagne, je suis en extase devant un interrupteur qui me permet d'allumer la lumière et une douche qui prend 10 secondes à m'offrir de l'eau chaude!!!! Deux semaines dans la montagne auront été suffisantes pour me permettre de réaliser que j'apprécie un minimum le confort de notre siècle!
Me voilà de nouveau chez Adrian, dit el Tucu ( parce qu'il est originaire de la ville de Tucuman). Il a bien voulu me sauver de ma Réserve! Je retrouve mon matelas et mon petit coin dans la maison!!!
Je vais avoir le loisir de découvrir un peu plus Córdoba Capital. Le programme des réjouissances commence dès mon arrivée, le jeudi soir. En fait, les Couchsurfeurs de Córdoba organisent un apéro dans un bar tous les jeudis. C'est parfait! Je retrouve avec joie les plaisirs citadins. Le bar est tout simplement extra : patio couvert, patio découvert, des petites salles avec plein d'artisanat du monde au mur, des guitares à disposition pour ceux qui se sentent l'âme musicale. Autour d'une Quilmes (voire plusieurs), la joyeuse bande fête l'anniversaire de l'une des couch. Diana, un nord-américaine, attrape son yukulélé et la voilà partie à chanter « somewhere over the rainbow ». De fil en aiguille, je me retrouve à chanter, accompagnée d'une autre couch, une chanson que j'avais apprise au Mexique « Por debajo de la mesa », affreusement guimauve!!! Mais quel fou rire!!! Diana s'éclipse un moment, et revient avec 5 jeunes gens et les guitares. Et je vais avoir la chance inouïe d'écouter en live du folklore santiagueño (de Santiago del Estero, au nord ouest). C'est tout simplement extraordinaire. Ils enchaînent complaintes et chansons d'amour avec des voix à vous donner la chair de poule! Entraînée par la musique, une des couch se met à danser, du folklore aussi, et je ne sais pas par quel heureux hasard je me retrouve à apprendre quelques pas de danse. Je peux alors presque imaginer les costumes que portent les danseuses folkloriques. Je suis complètement transportée dans cet univers. La nuit se poursuit dans un autre bar, beaucoup plus underground...ça me rappelle vaguement le Floride...(Seuls les Nantais peuvent savoir de quoi je parle!). Musique rock, gens originaux, tags aux murs et des odeurs pas vraiment catholiques. Je me sens presque à la maison!!!
A 4h, nous retrouvons le calme de la maison mais malgré le sommeil, Adrian et moi commençons une discussion qui nous emmènera jusqu'au lever du soleil, à 8h. Cette soirée aura été incroyable d'agréables surprises et je remercie la chance ou le destin, appelez-ça comme vous le voulez, de parsemer ce voyage d'expériences humaines extraordinaires.
Dimanche 27 juin s'est joué le match Argentine vs Mexique. Maintenant que les Bleus ont fait leur cinéma et sont hors jeu, je ne sais pas bien qui supporter. Entre le Mexique et l'Argentine, autant dire que mon cœur a sérieusement balancé. Mais afin d'éviter tout incident diplomatique entre la France et l'Argentine et que la Une de Ouest France écrive qu'une Française qui supportait le Mexique s'est faite lynchée en Argentine, j'ai adhéré à la ferveur des Argentins. Comme la dernière fois, plus une âme qui vive pendant 90 min, seulement un brouhaha général quand l'Argentine marquera ses buts. Cette fois-ci, quand la fin du match a été sifflée, direction le fameux Patio Olmo. Et c'est une marrée humaine, brandissant drapeaux ciel et blanc, trompettes, tambours, pétards qui gagne la rue. Je n'ai pas vécu le Mondial 1998, quand la France idolâtrait ses joueurs (ben oui j'étais encore en voyage!!!) mais l'euphorie argentine dépasse tout ce que j'ai jamais vu! Le Fernet et la Quilmes coulent à flot. Ce jour-là, mon corps m'a haï de lui faire subir cette épreuve : Fernet et asado en guise de petit déjeuner et déjeuner!




Enfin, lundi, je me décide à faire ma touriste et visiter la ville. Córdoba est une ville bourrée d'étudiants, avec ce qu'il faut de culture (musées, festivals de musique, festival de cinéma indépendant), de bars, de restaurants. Comme Buenos Aires Capital, c'est une ville à l'architecture mélangée, métissée : coloniale, de bric et de broc, bâtisses d'architecture allemande. J'ai arpentée les rues, pris le soleil le long du fleuve, siroté un licuado (un cocktail de fruits frais et glace pilée) à l'ombre d'un palmier...bref...je me suis sentie chez moi!



Plaza San Martin, coeur historique de la ville


Reflet de l'église du Sacré Cœur dans le musée d'art contemporain



Paseo de las flores, joueur de harpe paraguayenne

Paseo del buen pastor, ancienne prison de femmes sous la dictature






C'est en partant mardi midi que je me suis aussi rendue compte que j'avais bel et bien fait ma touriste. J'ai vu les beaux quartiers, j'ai fait la fête et je me suis émerveillée. Néanmoins, quand le bus a pris la route de Corrientes, nous avons longé une des villa miserias (= bidonvilles) de Córdoba ; là où la terre et les gravas font office de rue, où les maisons sont un amas de taule, de plastique et où le moyen de locomotion courant, le cheval, tente de trouver son carburant dans les poubelles...

Petits cartoneros, ils ramassent les poubelles de la ville...

samedi 26 juin 2010

Reserva Natural de Tres Piletas, publicité mensongère, 23 juin

Quand j'ai organisé mon premier trimestre de voyage avec le wwoof, j'ai scrupuleusement étudié les fermes où je pouvais me rendre réellement utile et où je pouvais apprendre. Les deux premiers lieux ont surpassé mes espérances, à tout point de vue. La réserve d'Hugo allait être pour moi l'occasion de découvrir la faune et la flore des Sierras de Córdoba, de travailler avec des chevaux... En tout cas, c'est ainsi que le lieu était décrit. Je dois y rester trois semaines.
Ce lundi soir, après les émotions mitigées quant à mon arrivée, je vais de surprise en surprise. Pas forcément mauvaises... La première surprise est le problème de lumière. Rappelez-vous, je vous disais que je ne comprenais pas bien le rapport moteur/lumière. En fait, un vieux moteur, installé sur un pneu, fonctionnant à l'essence (surprenant pour un lieu écolo!) sert de générateur pour la lumière dans la maison d'Hugo, le patron, la nave (le restaurant sur la colline) et la cabanes où les visiteurs peuvent loger. Et bien, le moteur refuse de se mettre en route. S'éclairant avec la lumière de son portable, Sara, une employée, tente de le démarrer. Quelques tentatives infructueuses plus tard, Sara m'annonce que nous allons nous débrouiller sans. Soit! Manger à la bougie, ça fait un peu camp de vacances, cooooool!
Après la lumière vient le gaz. Vous saviez vous que les vieux réfrigérateurs fonctionnaient à l'aide d'une bouteille de gaz? Sara m'explique qu'Hugo est à Buenos Aires depuis un mois, qu'elle n'a plus de gaz dans la cuisine et qu'elle doit débrancher la bouteille alimentant le réfrigérateur pour brancher la cuisinière. Soit! Tâtonnant dans le noir, j'essaie de me rendre utile. C'est l'occasion pour moi de poser quelques questions. Y'a-t-il d'autres volontaires? Hugo revient-il bientôt? On a accès à internet ici? On peut descendre au village facilement? A la première question, Sara me répond que je suis la seule wwoofeuse. Je suis un peu déçue parce que j'aime bien l'ambiance entre voyageurs! A la seconde question, elle me répond qu'elle ne sait pas quand Hugo revient à la Réserve, il doit régler quelques affaires à Buenos Aires. A la question suivante, Sara me répond qu'ici le signal du téléphone passe à peine, alors pour internet faudra repasser! Ok, je peux vivre sans internet quelques temps... Et à la dernière question, Sara me répond que tant qu'Hugo n'est pas revenu, il faut soit appeler un remis (rappelez-vous que ça coûte 60 pesos un aller!!!) ou marcher (1H45 dans les chemins de montagne!).
Ok, je décide de ne pas me laisser envahir par de sombres pensées et profite de mon plat de spaghettis à la lueur de la bougie! Demain, je vais découvrir le paysage, le travail dans la réserve...
Direction la cabane où je vais loger et la dernière surprise sera qu'il n'y pas de chauffage! Je vais multiplier les couches de vêtements et les couvertures. Je me maudis de ne pas avoir acheté un bon sac de couchage...mais je remercie en silence Mougwaï de m'avoir offert une lumière frontale! Elle ne m'avait pas encore été utile mais ne m'aura pas quitté des 10 jours où je suis restée à la réserve.
Réveillée par le chant des perruches le lendemain, j'ouvre les yeux et parcoure du regard l'habitation dans laquelle j'ai passé la nuit. C'est pas le luxe, mais confortable. Le soleil baigne la pièce et je me demande s'il fera si froid que la veille.
Sara frappe à ma porte comme prévu pour me réveiller. Elle m'attend au restaurant pour le petit déjeuner. Je traverse le kilomètre qui sépare la cabane du lieu de rendez-vous. Je découvre un paysage plutôt aride, poussiéreux.La première surprise du matin, c'est qu'il faut faire du feu pour chauffer l'eau du petit déjeuner. Le gaz est reparti refroidir le réfrigérateur.

Durant le petit déjeuner, plutôt sommaire je dois avouer, je fais un peu plus connaissance avec Sara. J'en profite pour lui demander comment s'organise la réserve, quelle est son activité... et je tombe des nues quand j'apprends que c'est un simple camping qui n'a d'écologique que le nom et les petits bidons qui portent l'inscription : verre, compost, plastiques, filtres (de cigarettes). En plus, la saison est terminée, personne ne vient camper ici en hiver, il fait trop froid!
pas très écolo tout ça!
QUOI?????????? On m'aurait leurré sur le bien fondé de ce lieu???????????? Je ne peux pas vous expliquer la déception que j'ai ressentie à ce moment-là. Où est le travail avec les groupes de scolaires dont se vantait l'annonce? Où sont les chevaux ?
La première journée s'est écoulée comme une gorgée de jus d'orange moisi...amer. Le lieu est magnifique mais en quoi vais-je être utile ici?!
Mercredi, je fais la connaissance d'Hugo et là c'est le clou. En l'espace de dix minutes, il a ouvert une bouteille de vin, roulé un joint et me dit qu'il va me « sauver » de la cigarette avec une séance de spiritisme. Je tente alors de garder mon sérieux mais intérieurement, je pouffe de rire!!! Mais qui est donc cet illuminé? Il poursuit par un monologue sur la réserve, passe du coq à l'âne, me dit qu'il veut se consacrer à l'astronomie cette année. Franchement, je fais semblant d'écouter!!!! MUY MAL!!!!!
Tout en se roulant un énième joint, il donne à Sara les directives. Il faut absolument que je vous raconte que cette jeune fille travaille depuis 7 mois, 7 jour sur 7, de 7h30 à 2h pour un salaire de misère; qu'elle voudrait partir en vacances mais que Hugo lui doit deux mois de salaire et qu'il ne la paiera pas avant fin juin, et qu'elle n'a pas un peso pour prendre le bus. Comme elle me disait, elle est prisonnière à l'air libre alors que son patron vient de s'acheter une nouvelle voiture! Quant à Hugo, on ne le verra plus de l'après-midi...il ne faudrait pas oublier de faire la sieste!
Jeudi matin, je sais déjà que je ne vais pas rester un mois au final, une semaine tout au plus. Je profite d'un trajet au village pour appeler mon couchsurfeur à Córdoba et il veut bien « me reprendre »! Ouf je suis sauvée!
En revenant à la Reserva, je décide de profiter malgré tout de cette expérience pour qu'au final ce ne soit pas négatif. Alors je peints, je nettoie, je tente de bricoler des lits superposés. Par chance, Sara est une fille extra, une Mac Gyver avec qui j'ai bien rigolé. Et puis, surprise, dimanche, un petit groupe de trois gars de Córdoba est venu passer le week-end! DES GENS!!!! YOUPI!!!! Ils nous ont invité à partager leur dîner, on a papoté près du feu. C'était un chouette moment. Ce qui m'a beaucoup fait rire, c'est que ces grands gaillards étaient tous épatés qu'une minette comme moi voyage toute seule sur ce continent. Je n'étais pas peu fière de leur raconter mes petites aventures!
Tout compte fait, entre pinceaux et balais, j'ai laissé s'écouler tranquillement les derniers jours. J'ai profité du paysage que la Reserva offre parce qu'il faut au moins noter cela, le lieu est magnifique, je me suis dorée au soleil la journée et grillée les fesses près de le cheminée le soir. 




Seul moyen d'avoir de l'eau chaude!

Sara, Jesus (le fils d'Hugo) et moi

Rio Quilpo

les cactus

Résultat de l'expérience, je ne suis pas faite pour fréquenter baratineurs et menteurs. Il est toujours bon de se rendre compte de ce qu'on aime ou pas, non?!

San Marcos Sierras, un voyage inattendu – 18 juin

Un périple comme celui auquel je me prête réserve d'excellentes surprises comme celles que j'ai déjà contées, et puis d'autres un peu moins bonnes. Après presque trois mois sans encombres, il fallait bien qu'une mésaventure pointe le bout de son nez. Oh, en y pensant, rien de bien grave finalement mais ça mérite un petit chapitre.
Après mon week-end footballistique à Córdoba, je suis partie en direction de mon troisième lieu de wwoofing. J'avais prévu de partir tôt lundi matin et  Adrian, mon hôte, devait me réveiller vers 8h. Mais en retrouvant Morphée à 3h du matin, nous n'émergeons finalement qu'à 10h30. Les valises étaient prêtes, heureusement. Je saute dans mes vêtements, « siffle » un maté et avale un criollo (une sorte de petit pain qui accompagne très bien le maté), et attrape un taxi, direction la gare routière.
Au guichet, je demande un ticket pour San Marcos Sierras. Pas de chance, le seul bus qui se rend dans ce petit village des montagnes de Córdoba, est parti à 9h30. Il n'y en aura pas d'autre... Un mauvais pressentiment pointe alors le bout de son nez. Il faut réagir! Quel est le point de chute le plus proche, et comment relier les deux. Il y a bien un bus qui se rend à Cruz del Eje, et de là, je peux prendre un autre bus pour mon petit village. Départ à 12h45, le voyage dure trois  heures. Et à vrai dire, cette fois, j'ai senti les heures passer. Le bus grimpe, s'arrête, redémarre... un ballet incessant de passagers réchauffe le siège à ma droite.
J'ai comme un petit pincement au cœur en admirant le paysage que je traverse. Les sierras ressemblent beaucoup à celles que je traversais treize années plus tôt quand j'étais au Mexique et que le week-end nous gagnions le ranch pour prendre l'air et retrouver les autres membres de la famille avec qui je vivais. Je me dis que j'ai une chance inouïe d'admirer ces paysages...je pense à mes parents qui m'ont donné le goût d'aller au bout de mes rêves.
Vers 16h15, j'arrive enfin à Cruz del Eje. Je coure vers le guichet pour prendre le plus rapidement possible un bus qui va à San Marcos. Je viens juste de le rater m'annonce gentiment l'hôtesse au guichet. Et oui, nous sommes arrivés avec une demi-heure de retard, je vais devoir attendre jusqu'à 18h15. Cette hôtesse me propose de lui laisser mes bagages pour faire un tour. Il ne semble pas y avoir grand chose à faire mais j'accepte. Dans ce petit village, les voitures côtoient les charrettes tirées par des chevaux. C'est le seul divertissement dont je peux profiter à loisir sur le quai de la gare!  A mon retour, je discute un peu avec cette même jeune femme. Et là, je m'effraie un peu quand elle me dit que le village de San Marcos n'a que des chemins de terre, ne connaît pas l'asphalte. Je me demande alors dans quel endroit je vais atterrir, y aura-t-il internet ? 

A 18h30, mon bus arrive et là, quand j'aperçois l'engin, je n'en crois pas mes yeux. Le bus est plus vieux que ma grand-mère et le bruit du moteur ne m'inspire pas vraiment confiance. La porte du bus, qui ne ferme pas, est si petite que je galère pour monter mes valises. Je m'installe tant bien que mal et hop, l'engin démarre. Me voilà partie en direction de San Marcos Sierras. A mi chemin, le bus est arrêté par un barrage de police. Le chauffeur doit présenter ses papiers, descendre du bus... et 20 minutes plus tard, nous repartons. Le bruit du moteur et la chaleur moite du bus me donne un peu mal au cœur et je commence à être fatiguée de la journée. Quelques kilomètres après le barrage, le bus tourne à gauche et je n'en crois tout simplement pas mes yeux. Finie l'asphalte, nous roulons sur les chemins de terre dont on m'avait parlé plus tôt. Je ne vois pas une habitation à l'horizon et pourtant des gens montent et descendent...Il y a donc de la vie dans le coin !!! J'arrive enfin à San Marcos Sierras, et il fait nuit. Pas un chat dans le village, et pas l'ombre d'une cabine téléphonique. J'ai le numéro d'un taxi mais sans téléphone, ça me paraît compliqué. A ce moment-là, je ne suis pas très rassurée. Je peste un instant contre moi et mes envies farfelues... Une seconde de mélancolie en pensant à ma vie nantaise, puis je réalise que je suis en train de vivre un des ces moments qui me feront beaucoup rire quand j'y repenserai, plus tard. 
Je me reprends et fais le tour de la place en quête d'un remis (c'est un taxi, mais on ne le hèle pas, il faut lui passer un coup de fil). Je traîne mes valises tant bien que mal dans la poussière et parviens à un petit kiosque où je découvre avec joie l'inscription parada de remises (arrêt de remis)! Youpi, je suis sauvée! Justement, celui d'Alberto est libre. Je lui indique l'endroit où je me rends. A priori, la réserve d'Hugo est connue dans le village. Alberto m'annonce le tarif du trajet : 60 pesos (10 euros) pour les 9 kilomètres à parcourir. Bougre...c'est cher en comparaison des taxis en ville...mais que voulez-vous ils ont le monopole et moi juste l'envie de me mettre sous la couette!
Nous voilà en route pour la Reserva de Tres Piletas. Le trajet est, disons, intéressant. Il fait nuit noire et je n'ai aucune idée de la direction que prend Alberto. Je peux juste sentir les secousses des cailloux. En collant le nez à la fenêtre, je profite néanmoins d'un ciel merveilleusement étoilé, chose impossible à voir en ville! Je n'imaginais tout simplement qu'il y avait autant d'étoiles au-dessus de nos têtes...
Après presqu'une demi-heure de voyage, nous franchissons l'entrée de la réserve. Et là, panique à bord...pas l'ombre d'une maison, pas une lumière, juste des chiens qui aboient furieusement. Par chance, Alberto ne veut pas me laisser sans savoir s'il y a bien quelqu'un. Enfin, une maison... mais personne à l'intérieur et la porte est fermée par un cadenas. Je re-panique...tout sourire bien évidemment, je suis une aventurière ou pas?!
Et puis un miracle se produit, la maison s'éclaire d'elle-même et j'aperçois quelqu'un courir en notre direction. Je suis sauvée pour la deuxième fois de la journée! Quel soulagement!
Sara m'accueille avec milles excuses, me disant que le moteur avait cessé de fonctionné et qu'elle n'avait plus de lumière (à ce moment, je n'ai pas bien compris le rapport moteur / lumière mais je le découvrirai quelques minutes plus tard).
Il fait un froid de gueux ce soir du 14 juin...pourvu que le chauffage existe...
tenue pour une première nuit un peu fraîche!
 ps : spéciale dédicace à ma grand-mère qui a tricoté guêtres, mitaines et écharpes et sans lesquelles je serai morte de froid!!!!

Football et compagnie : 11 juin 2010

Je commence la quatrième étape de mon périple par Córdoba Capital, une ville située à quelques 850 km au nord-ouest de Buenos Aires. Je vais à nouveau voyager de nuit, c'est le plus pratique quand il faut faire de longues distances. De plus, on ne dort pas mal du tout dans les colectivos et on s'économise une nuit d'hôtel. Départ à 23h et c'est parti pour 9h de trajet dont je vais tout juste me rendre compte.
A peine les fesses posées sur le siège, mon petit coussin gonflé, mes chaussures délacées et ma petite couverture installée, je m'endors profondément. Il faut dire que j'ai peu dormi la veille. J'ai profité de ma dernière nuit à Las Ondinas avec les autres volontaires : gratin dauphinois et far breton au programme! Et puis, je voulais assister à la traite au moins une fois. Le réveil a donc sonné à 4h30.
Pas si facile de quitter les nouveaux amis
A 8h, samedi matin, je suis à Córdoba. Et c'est une ville très animée que je découvre, tôt le matin. Il faut dire que tout le monde s'agite avant le match Argentine-Nigeria qui est diffusé à 11H.
Avant de partir pour mon nouveau lieu d'accueil, je vais passer le week-end en ville. En dehors des fermes, je voyage avec le couchsurfing. C'est tout simplement quelqu'un qui vous ouvre les portes de sa maison et vous offre un canapé pour une ou plusieurs nuits. Je suis accueillie par Adrian, étudiant de 25 ans originaire de San Miguel de Tucumán, une ville du nord. Il m'a donné rendez-vous à l'appartement d'un ami, où il va voir le match. Comme il est tôt, je prends un petit déjeuner à la gare avant de me rendre au point de chute. A 10h, je sonne à la porte de Diego, que je réveille bien évidemment. Une petite demi-heure plus tard, je fais la connaissance de mon hôte Adrian, qui me met tout de suite à l'aise. Bien qu'il soit encore tôt, les gars ont mis la bière au frais!
A 11h, plus un bruit dans la rue, pas même une voiture, l'Argentine s'est arrêtée de fonctionner pour vibrer au rythme du Mundial! Ceux qui me connaissent bien savent à quel point je ne connais rien au football. Pourtant je me prends au jeu. Au premier goal de l'Argentine, c'est une pluie de petits papiers qui tombe de l'étage supérieur et une fanfare retentit à vous rompre les tympans. Tout le monde sur le balcon et c'est tout simplement à un moment d'ivresse générale auquel j'assiste. Tout le monde, depuis son balcon, sa fenêtre, chante, crie, siffle! C'est absolument grandiose! La seconde mi-temps sera sous tension et quand l'arbitre siffle la fin du match, c'est de nouveau la liesse générale. Des balcons, les gens descendent dans la rue, direction le Patio Olmos, une place où les jeunes ont l'habitude de se retrouver pour célébrer les victoires ou autres événements. Bien que ce ne soit que le premier match, les Argentins ne perdent pas une occasion de montrer combien ils sont fiers de leur équipe et fiers d'être Argentins. L'orgueil argentin n'est donc pas une légende...

Avec Adrian, mon couchsurfeur
Quant à nous, la joyeuse bande avec qui j'ai regardé le match et moi, nous fêtons la première victoire avec un asado et un petit verre de Fernet. En fait, je vais peut-être commencer à aimer le football...à moins que ce ne soit plutôt l'ambiance d'ici qui me plaise réellement. Maintenant reste à choisir si je vais supporter l'Argentine ou la France pendant ce Mundial...mon cœur balance entre me faire plein de potes et me faire lyncher si je reste patriote!!!
Le reste du week-end sera ponctué de deux autres matchs de football, d'une fête avec plein de gens hyper cools, d'une visite de musée, de milanesas maison (viande panée) avec mes couchsurfeurs, Adrian et Marcelo.
Córdoba m'a réservée un chouette accueil, et ça n'est pas pour me déplaire !

mardi 8 juin 2010

Un express pour l'Uruguay s'il vous plaît!


Parce qu'en dehors de la biodynamique il se passe des choses extraordinaires ici, je vais
vous raconter ma journée de vendredi 28 mai. C'est à la fois comique et déroutant !
Pour circuler en Argentine, en tant que résident européen, un visa touriste suffit pour les trois premiers mois. Ensuite, il faut sortir du pays ou aller au service d'immigration à Buenos Aires Capital pour demander une prolongation. Kajsa, une suédoise qui est également à la ferme à Giles, "arrivait à expiration" fin mai, et moi, « j'expirais » mi-juin mais au moment où j'aurais dû sortir du pays ou demander la prolongation, je serai à Córdoba plus au nord du pays. Il fallait donc que je fasse ma demande en avance...Tout ça pour rester légalement dans le pays et ne pas vivre hors-la loi!

Vendredi 28 mai:
Lever 5H30 et départ pour Giles à 6H15. 
De San Andres de Giles, il faut prendre un premier bus qui nous emmène, en 40 min, à Lujan. Le prochain départ de Lujan pour Capital est à 8h. Autant dire que Kajsa et moi ne faisions pas très couleur locale sur le quai!
Comptez deux heures pour arriver dans le centre de Buenos Aires, un enfer pour les automobilistes cette ville... Ah ils peuvent râler les Parisiens!!! Histoire de se réveiller un peu, on s'autorise un petit café et direction le port, où se trouve le service d'immigration. Pas question de prendre le métro ni un taxi à cette heure-ci, nous préférons marcher. Après un peu plus d'une heure de marche, une quinzaine de piropos (façon peu élégante que les hommes ont de vous faire remarquer qu'ils vous trouvent pas mal!), nous voilà arrivées à migraciones. Bien sûr, nous nous empressons de demander où se trouve le service pour la prolongation du visa. On nous oriente plus ou moins aimablement (en tant que française, j'ai l'habitude que l'administration ne soit qu'à moitié aimable...). La file d'attente est assez longue mais Kajsa et moi décidons de prendre notre mal en patience. Au bout d'une demi-heure, enfin arrivées à la porte du bâtiment, nous demandons à l'agent de police si nous sommes au bon endroit et comment il faut procéder, vers quel guichet aller. Il nous indique une jeune fille à l'entrée qui nous donnera toutes les informations. Trépignant « légèrement » d'impatience, nous parvenons à la fameuse jeune fille dont on nous a parlé une demi-heure auparavant. Et là, LE DRAME : nous lui disons ce que nous avions demandé déjà deux fois, c'est-à-dire vers quel guichet nous devons aller pour la prolongation et elle nous annonce l'air de rien qu'il est trop tard parce que le service ferme à 11H30 et qu'il faut revenir lundi ; ce qui bien sûr ne nous est pas possible. J'ai bien tenté de lui faire comprendre qu'on ne pouvait pas revenir, que le visa de Kajsa expirait le lendemain...bref j'ai essayé tous les « trucs » possibles, elle n'a rien voulu savoir. Alors, au culot, nous lui avons demandé combien coûtait la prolongation et combien coûtait l'amende pour visa expiré au moment de sortir du pays. 
La première vaut 300 pesos (soit 60 euros), la deuxième coûte entre 300 et 600 pesos. Je ne sais pas vous, mais à nous ça nous a paru complètement abruti de mettre le même prix pour le visa et l'amende, ça n'encourage pas réellement les gens à rester dans la légalité!!!


A ce moment là, il est 12h30 à peu près... A quelques pas d' Imigraciones se trouve la station portuaire du Buquebus, le bateau qui vous emmène en Uruguay. Sans y penser 2


fois, nous courons vers le Buquebus pour voir si nous pouvons faire l'aller-retour dans la journée (nous devions retrouver Lydia et Eduardo, les propriétaires de la ferme, à 19h


pour une conférence).

Au guichet, l'hôte paraît complètement déconcerté quand je lui annonce que je veux partir au prochain bateau à 14h et rentrer au plus tôt c'est-à-dire avec celui de 16h30. Il
m'explique gentiment que je ne vais rien voir de Colonia, alors je lui répond que je ne vais pas pour faire du tourisme, mais que j'ai juste besoin du tampon d'entrée et sortie du

pays!!! L'aller-retour nous coûtera chacune 326 pesos, moins que l'amende et 4 euros plus


cher que le visa!!!

A 14h, nous étions dans le bateau. J'ai été environ 30 minutes en Uruguay avant de
remonter dans le deuxième bateau. A 17h30, nous accostions à Buenos Aires, j'avais mon nouveau tampon d'entrée, valable pour trois mois. Le temps de sauter dans un taxi, de traverser la ville pour arriver pile à 19h à la conférence!



Résultat, ni shopping ni lèche-vitrine à Buenos Aires comme nous avions prévu de le faire
après migraciones. Du bus, du bateau, du taxi (complètement taré le chauffeur mais ça

c'est une autre histoire), de la voiture (j'ai presque eu envie de prier tellement Eduardo

conduit mal)!!!


A minuit, nous étions de retour à la ferme et j'ai juste eu l'impression que j'ai rêvé cette journée! Mais quand je regarde mon passeport, aucun doute, j'ai bien mis un doigt de pied en Uruguay!!!

samedi 22 mai 2010

Après 3 semaines les mains dans la biodynamique...

Je vous dresse ci-dessous un petit bilan de mon expérience biodynamique...
La base de l'antroposophie, cette vision de la vie que suit la ferme où je suis, c'est de n'obliger personne, ni humain ni animal à faire quelque chose qu'il ne veut pas. Soit! Mais c'est sans compter parfois sur la culture argentine qui, comme beaucoup d'autres sociétés, souffre du mal de l'effort. Vous voyez ce que je veux dire??? On est tellement mieux à papoter autour d'un maté qu'à faire des sillons ou courir après les veaux!!! Du coup, faire concorder antroposophie et culture du travail s'avère parfois un peu ardu pour les Argentins. D'autant que la biodynamique est assez exigeante, cela nécessite d'être organisé et travailleur! 
C'est marrant, les animaux, eux n'ont pas de mal à respecter les horaires pour aller paître dans tel ou tel champ, rentrer à l'étable... c'est vraiment plus compliqué de mettre les hommes au travail!
Comme je vous ai déjà dit, chaque mercredi nous avons une lecture. Finalement, j'y suis retournée et cela s'avère plus intéressant. Ce qui m'a beaucoup marqué à la dernière séance, c'est qu'au final, le plus difficile est constituer une équipe où chaque membre met son ego de côté et travaille avec l'ambition commune de donner à la terre le meilleur pour qu'en retour celle-ci donne ce qu'elle a de mieux. 
Mais aussi anthroposophique et biodynamique que soit la démarche de départ, les déviances de l'Homme reviennent au galop... 
Enfin, pour que vous ayez une idée concrète de ce que peut être la biodynamique, pensez à la Lune qui influe sur les marées ou sur ces nuits agitées que vous pouvez avoir les soirs de pleine Lune. La lune régit la biodynamie et chaque planète peut être ascendante ou descendante, être associée à telle ou telle autre planète ; son emplacement se modifie constamment ce qui joue sur les Forces. C'est sur ce principe que se base cette forme d'agriculture. D'ailleurs, si on écoute les « anciens » d'ici, c'est ainsi qu'ils cultivaient leurs terres avant qu'on donne un nom un peu barbare à cette pratique! 
Mais au final, il faut bêcher, tamiser, planter, désherber, arroser...et équilibrer!!! Les mains dans la terre quoiqu'il en soit...ce qui ne coïncide pas toujours avec l'envie de travail de l'Argentin "lambda".


Alec et moi préparons un nouveau compost

la corne de vache sert à préparer des potions

la serre où je passe beaucoup de temps

Temps de repos physique mais pas mental!

Kajsa et moi écrasons le tournesol pour les vaches

Le dindon et ça tête de "comedi dell arte"!

Gauchita!

jolis piments mais prudence!!!!
Par ailleurs, mes activités se sont un peu étendues ces derniers jours. En fait, l'initiative tient une part importante dans l'anthroposophie alors j'ai élargi mon champ d'action. D'une part, il y a un deuxième jardin potager qui a été laissé à l'abandon par faute de main d'oeuvre. C'est devenu un champ sauvage alors que nous avons besoin d'un champ pour planter de la nourriture pour les animaux... Bêche et machette en main, je me suis lancée à l'assaut du  yuyo (mauvaises herbes) et suis devenue en quelques jours l'Indiana Jones de las Ondinas! Et ce n'est pas peu fière que je peux annoncer aujourd'hui que j'en suis venue à bout. Je me suis musclée les bras et les abdos... mieux que deux heures en salle de sports par jour!!!! 
D'autre part, il y avait un autre projet en suspens : la table universelle. En fait, cette table est destinée à la serre pour que chaque nouvel arrivant puisse apprendre un peu plus sur le fonctionnement de la biodynamie. La table reprend chaque signe astrologique et l'associe à sa plante, son climat, son symbole... J'ai fini de la peindre mardi!!!



Enfin, dernière mission et je sais déjà que je n'en viendrai pas à bout mais un autre volontaire prendra le relais, j'espère, c'est approcher et apprivoiser un peu Ruby. Mais qui est Ruby vous demandez-vous certainement ??? 
Ruby est une jument de 3 ans aveugle (la consanguinité...j'vous raconte pas les dégâts!). La pauvre n'a pas d'yeux et c'est vrai qu'à première vue (jeu d'mots pourri tiens!), c'est un peu effrayant. Elle passe son temps à se cogner dans les barrières ou dans l'arrière-train de ses compères et ils n'aiment pas trop ça! De plus, on ne peut la laisser hors de l'enclos pour qu'elle aille se nourrir, elle se perd sans cesse.
Ma mission en quelques mots est qu'elle accepte de se faire caresser et qu'elle s'habitue au contact humain. Pourquoi? Tout simplement parce qu'elle est trop maigre - malgré les efforts de Kajsa qui lui apporte plus 6 kilos de nourriture par jour - et qu'il faudrait qu'on arrive à lui mettre un frein et une corde, qu'elle s'y habitue et qu'ensuite on puisse l'emmener paître avec ses potes en pleine nature! 
Je n'ai bien sûr aucune notion de comment on travaille avec un cheval (avec prudence, mon petit doigt me le rappelle encore!) mais j'ai encore deux semaines pour tenter quelque chose!!! Affaire à suivre donc...




PS : deux nouveaux volontaires arrivent ce week-end... une Française (bon j'ai pas le choix je dois partager ma chambre!!!) mais surtout... un Italien!!! - ça, c'est pour le détail croustillant de la semaine!!!!



jeudi 13 mai 2010

De la biodynamie à Las Ondinas

Après un week-end quelque peu agité à Buenos Aires, j'arrive à la nouvelle ferme à la fois anxieuse de savoir où je vais passer le prochain mois et pressée de connaître mes nouveaux « camarades de jeu ». C'est Juan, le responsable de la maison des volontaires et des animaux qui m'accueille et m'emmène à mon nouveau domicile. Là, je fais la connaissance d'Agustín, un Argentin, de Kajsa, une Suédoise et de Matis, un Belge. Kajsa et Matis sont chargés des animaux et remplacent, ces derniers temps, Juan à la traite du matin. Agustín travaille dans le potager avec Luis, un autre travailleur de la ferme mais qui habite à Mercedes, petite ville située une trentaine de kilomètres. Je monte mes affaires dans le dortoir réservé aux filles. Il y a quatre lits mais je suis toute seule dans la chambre. Kajsa a sa propre chambre car elle va rester une année supplémentaire à Las Ondinas.
L'équipe s'apprêtait à aller chercher des pizzas quand je suis arrivée et me proposent d'aller avec eux à Giles. L'ambiance semble plus tranquille qu'à Tunuyan mais tout le monde est très chaleureux.
Après la pizza, je suis surprise de voir que tout le monde monte se coucher : il est 20h30. Je demande alors les horaires de travail et on me répond que ceux qui se chargent de la traite se lèvent à 4h. Je comprends alors leur hâte d'aller dormir.
A vrai dire, je ne suis pas mécontente de suivre le mouvement car après la courte nuit, un peu de repos est le bienvenu. Le réveil sonnera à 6h45 le lendemain et il faut que je sois d'attaque!
Lundi, fraîche et reposée, j'enfile à nouveau ma tenue de travail et je découvre mes nouvelles fonctions. Je vais donc travailler avec Agustín et Luis dans le potager.





Ici, on pratique la biodynamie, un mot qui ne veut pas dire grand chose pour moi à ce moment-là. Mais après une semaine d'apprentissage, je peux vous en dire un peu plus. 
La biodynamique fait partie d'une philosophie plus globale qui s'appelle l'antroposophie. Elle a été inventée par un Allemand, Rudolf Steiner, et aborde tous les sujets de la vie comme l'éducation par exemple (les écoles Waldorf émanent de cette philosphie). La biodynamie s'applique selon le principe suivant : une ferme est un organe vivant qu'on doit faire fonctionner dans son ensemble. Il est indispensable que tous les éléments soient présents : les fleurs, les plantes, les arbres, les fruits, les légumes, les animaux et les humains. Autant que faire se peut, on évite l'intrusion de machines pour que l'humain soit directement en contact avec tous ces éléments. La biodynamie suit également le calendrier astral. Par exemple, il y a des jours pour planter, pour désherber. Tout est une question de forces, d'attraction et de répulsion. C'est encore un peu vague pour moi et parfois ça me paraît un peu farfelu mais je dois respecter cet « idéal ». Bien sûr, on n'utilise ni désherbant, ni insecticides. Ce sont des préparations à base de piments qui écartent les moucherons et fourmis des plantes par exemple. Chaque être vivant a son importance et sa fonction. Luis prend le temps de m'expliquer pour quoi nous plantons des légumes à feuille à ce moment là, pourquoi il faut désherber à cet autre moment. Et me voilà, les mains dans la terre, à retourner du compost, à bêcher, faire des semis...
La journée se découpe ainsi : 7h30 au front, jusqu'à 9h30. Petite pause d'une demi-heure, et on reprend jusqu'à 11h30. A midi, la cloche retentit dans le jardin pour nous avertir que le déjeuner est prêt. On reprend vers 14h et ce, jusqu'à 17h. On ne peut pas dire que ce soit le bagne et puis, ça me plaît bien en fait d'être en plein air à jardiner.
Le soir, on doit se charger de notre dîner : nous avons accès à tous les légumes du potager et les propriétaires nous fournissent en produits de base. Personne n'aime faire la cuisine dans l'équipe alors je prends les choses un peu en main...avec plaisir je dois l'avouer. En fait, depuis le début de cette expérience, je redécouvre le plaisir de faire à manger et je suis ravie de voir que tout le monde se régale. Pour la petite anecdote, j'ai fait du pain, toute seule comme une grande et sans machine, pour la première fois vendredi.
Mercredi, deux événements marquants : le premier est que j'ai assisté à une lecture. Celle-ci a lieu  à 10h30 chaque semaine. Ce sont des ouvrages autour de l'écologie et la biodynamique, ou encore sur l'initiative sociale. Nous lisons des passages puis échangeons par la suite des points de vue et des idées. Ce n'est pas obligatoire et je ne sais pas si je vais y retourner la semaine prochaine. C'est peut-être un peu « too much » pour moi pour le moment. Ce sont Lydia et Eduardo, les propriétaires de la ferme, qui animent la séance. 
Deuxième événement : c'était le jour de  sacrificio. C'est ainsi que l'on nomme le jour où on tue un animal. Ce mercredi, c'est un veau qui passe à la trappe. Je n'ai pas voulu assister au moment où ils l'assomment pour le tuer mais j'ai entendu le bruit sourd qui a retenti quand l'animal est tombé au sol. Normalement, c'est Juan qui s'occupe de la découpe mais son mal de dos l'en empêche ces temps-ci, les propriétaires ont donc fait appel à José, un travailleur temporaire. La biodynamique explique que normalement le sacrifice doit se faire selon un rituel précis. Seul, l'homme qui a suivi l'animal durant toute sa croissance peut le faire (c'est pour ça qu'ils essaient qu'une seule personne travaille avec les animaux). Avant d'introduire le couteau entre les méninges de l'animal, l'homme remercie la bête pour tout ce qu'elle a donné... D'ailleurs, j'ai appris que c'est ainsi que les vrais gauchos tuent leurs bêtes. Je vous passe tous les détails, mais j'ai assisté à la découpe du veau. J'ai même vu ce dont je vous ai parlé lors de mon premier asado, les  chinchulines (l’intestin grêle frit). Bon, je l'ai vu une fois, je ne suis pas sûre de vouloir le voir à nouveau. Mais dimanche, on a partagé un asado de la viande du veau "sacrifié" mercredi et on s'est régalé!!!


Kajsa, une volontaire suédoise

mes premiers pains

table universelle
J'ai quand même quelques grandes nouveautés à vous partager : j'ai pris des vers de terre dans mes mains (et oui, moi qui m'évanouissais presque de dégoût), j'ai retourné du compost avec mes petites mains de citadines et j'ai enterré les restes du veau dans un nouveau compost. Franchement, je n'aurais pas cru que j'en serais capable et au final, je l'ai fait sans rechigner ! Quelle avancée !!!

Je fais peu à peu connaissance avec les autres pasantes, les volontaires, j'apprends à connaître Juan, qui peut effrayer un peu au départ, mais tout le monde est vraiment 
cool !
C'est tout pour ces premiers temps à San Andrés de Giles.

Juan, le "grand chef" des volontaires!

Zapallitos

Agustín

Matis